La Porte de la Chapelle est située dans le 18ème arrondissement de Paris. C’est une grande frontière entre la capitale et le 93.
Cela en fait un quartier peu touristique, très populaire, avec beaucoup de logements sociaux.
Mon seul gadget étant un appareil photo de bonne qualité, j’ai donc eu pour mission durant le mois de septembre et le mois d’octobre 2009 de faire découvrir cet endroit au plus grand nombre, grâce à mes photographies.
Au départ, j’ai pensé : le fait d’être un ancien du 18ème me permettra d’aborder plus facilement cette mission car en connaissant le terrain, je resterai un espion photographe discret.
Mais je me suis vite rendu compte qu’il était très difficile de prendre des photos à cet endroit. Porte de la Chapelle, chaque prise de vue diminue les chances de rentrer chez soi en un seul morceau avec son appareil. Les rues surchargées et en travaux, le climat de tension entre les habitants ainsi que la circulation intense rendent très difficile le fait de prendre une photo sans problème. Honnêtement c’était mission impossible de réussir seul mon but initial, même en connaissant le quartier.
J’ai donc engagé une assistante en octobre, Lynda Lollia, une photographe travaillant sur une autre porte de Paris. Avec Lynda, les gens étaient beaucoup moins méfiants, ils nous voyaient comme un couple se baladant dans le quartier et c’est devenu beaucoup plus facile de prendre des photos. Lynda m’a fait part de son expérience Porte de Lilas. Pendant mes ballades avec elle, j’ai cherché une vision plus poétique et plus intime des lieux.
Dans le même temps, grâce à mes contacts, j’ai rencontré l’écrivain Jean Rolin qui a écrit « La clôture », un livre qui parle de la porte de la Chapelle. J’ai donc viré mon assistante sans indemnités de licenciement et j’ai engagé cet écrivain pour m’aider à poursuivre ma mission. On s’est donnés rendez-vous au Celtic ( un café célèbre à cet endroit) pour faire une ballade ensemble : j’attendais beaucoup de son regard d’écrivain qui m’aurait donner un nouveau souffle et permit de faire de nouvelles images. Mais à cause d’une pluie torrentielle on est resté coincés dans le café où j’ai pris quelques photos pour témoigner de ce déluge. Même la météo est très difficile à supporter dans ce quartier.
Pour finir, j’ai renoncé à entraîner quiconque dans cette galère en dehors de moi-même et j’ai terminé ma mission seul et sans faillir.
J’espère que mes photos reflètent bien la Porte de la Chapelle et la vie du quartier et de ses habitants.
Car Ma Mission est Accomplie !!!
Vivien Boyibanga
Portes dérobées Paris ne s’offre pas par ses portes : la majorité des visiteurs préfèrent glisser sous la ville et émerger aux endroits connus, identifiés, célébrés. Aller voir aux portes de Paris, comme l’ont fait les jeunes explorateurs emmenés par la réalisatrice Julia Cordonnier, c’est regarder sous les jupes de la métropole : tout est simultané, rien n’est mis en scène. Dans ces lieux coexistent, comme dans les tableaux cubistes, toutes les dimensions de Paris : les énormes infrastructures routières et les sentiers ménagés dans la boue, les sièges sociaux et les tentes des SDF, les affiches publicitaires et les graffitis, les puces, les cirques et les camionnettes de prostituées. Ce trop plein empêche la pose : impossible d’isoler un élément dans la profusion, il faut se résoudre à laisser les flux déborder les images et les détails contredire les premiers plans. Aux portes, les appels d’air ébouriffent les passants, dispersent les groupes et font bifurquer les histoires. On est ici et ailleurs, on est dehors et dedans : inutile de pénétrer plus avant, celui qui se tient au seuil des portes connaît déjà tout de la ville. Philippe Vasset
Portes dérobées
Paris ne s’offre pas par ses portes : la majorité des visiteurs préfèrent glisser sous la ville et émerger aux endroits connus, identifiés, célébrés. Aller voir aux portes de Paris, comme l’ont fait les jeunes explorateurs emmenés par la réalisatrice Julia Cordonnier, c’est regarder sous les jupes de la métropole : tout est simultané, rien n’est mis en scène. Dans ces lieux coexistent, comme dans les tableaux cubistes, toutes les dimensions de Paris : les énormes infrastructures routières et les sentiers ménagés dans la boue, les sièges sociaux et les tentes des SDF, les affiches publicitaires et les graffitis, les puces, les cirques et les camionnettes de prostituées. Ce trop plein empêche la pose : impossible d’isoler un élément dans la profusion, il faut se résoudre à laisser les flux déborder les images et les détails contredire les premiers plans. Aux portes, les appels d’air ébouriffent les passants, dispersent les groupes et font bifurquer les histoires. On est ici et ailleurs, on est dehors et dedans : inutile de pénétrer plus avant, celui qui se tient au seuil des portes connaît déjà tout de la ville.
Philippe Vasset